• Chronique "Guts of Darkness" 1 PRIMATE avril 2017

    https://www.gutsofdarkness.com/god/objet.php?objet=19554

     

    chronique

    folk
    drone
    ovni inclassable
    gascon in opposition

    Membre de la familha Artus, le polymorphe Romain Baudoin s’emploie depuis des années à défendre farouchement le patrimoine musical gascon, seul ou sein de son collectif, avec une férocité toute tribale que partagent ses compères du label Pagans. La touffe rabotée, la barbe taillée net : sa dégaine n’a rien de patibulaire. Mais ne vous fiez pas aux apparences de cet ourson des montagnes, qui cache un authentique punk à vielle ou l'un de nos lointains cousins. 1 Primate est un projet personnel, presque secret. L’instrument de prédilection y est mis sous tension et se voit augmenté d’un manche de guitare électrique, sorte d’excroissance à cordes mutantes : le torrom-borrom. Tremblement de terre ! Comme un héritier simiesque de berger landais, dont un écrit du XIXe siècle nous rapporte le "crétinisme" et la "perversité", Roman occupe l’espace en bestiole de foire. De la patte droite tourne la manivelle et chante le bourdon. De la patte gauche, tantôt tonnent des arcs électriques en tapping, tantôt se délivrent des mélodies complexes au sortir des sautereaux. Le spectacle est captivant : la musique ne se contente pas de gros larsens ni de lourds drones – oserait-on dire de la facilité – mais trempe le crin de l’interprète dans des airs traditionnels, puise dans le dénuement méditatif d’un désert de sable, tout en adjurant un esprit rock et une passion certaine pour des airs à la King Crimson. Le vielliste poursuit sa quête identitaire et revendique la vitalité d’une culture régionale, à la fois loup dans la bergerie et pâtre surréaliste, chassant les moutons de poussière qu’il craindrait voir tenir son beau folklore du sud-ouest. Brièvement accompagné de voix, le macaque haut perché sort de sa forêt, "avec sa gueule de métèque" dirait l'autre, et chante à faire se fendre l’écorce des pins des Landes, dans un climat folk-prog hybride tout à fait inclassable. Dans le genre quadrumane pas si farfelu que ça, son alter ego semble plus tempéré en élans punkoïdes ; moins dans l’énergie folle que dans l’application entière à un travail du son tout en circonvolutions, dans la veine de ses pairs (Clastrier en tête). Aidé par un merveilleux travail de luthier, 1 Primate est un acte unique qui force une admiration mâtinée de crainte. Gare au gorille !

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